
Vous envisagez d’investir dans l’immobilier locatif et vous vous demandez ce qu’il reste comme leviers fiscaux depuis la fin du dispositif Pinel ? C’est une excellente question, car beaucoup de mes clients marseillais sont venus me voir, un peu perdus, en me disant : « Maître, on fait quoi maintenant ? » Rassurez-vous, le paysage n’est pas vide, loin de là. Il a simplement changé de logique.
En bref :
- Le Pinel est fermé aux nouveaux engagements depuis le 1er janvier 2025, mais les contrats signés avant courent jusqu'à leur terme.
- Le dispositif Jeanbrun prend le relais dans le neuf en zones tendues (A, A bis, B1) avec une réduction d'impôt sur 9, 12 ou 15 ans.
- Le Denormandie reste ouvert pour l'ancien avec au moins 25 % de travaux, et le LMNP séduit grâce à l'amortissement comptable et à l'absence de plafond de loyer.
- Malraux et le déficit foncier demeurent les armes des contribuables fortement imposés.
J’ai passé vingt ans à décortiquer des actes notariés dans les Bouches-du-Rhône, et je peux vous l’assurer : la défiscalisation immobilière n’est pas morte avec le Pinel. Elle s’est réorganisée. Voici, sans surprise, ce qui reste sur la table.
En bref : la réponse rapide
- Le Pinel est fermé aux nouveaux engagements depuis le 1er , mais les contrats signés avant courent jusqu’à leur terme.
- Le dispositif Jeanbrun prend le relais dans le neuf, en zones tendues (A, A bis, B1).
- Le Denormandie reste ouvert pour l’ancien avec au moins 25 % de travaux.
- Le LMNP séduit de plus en plus, grâce à l’amortissement comptable et à l’absence de plafond de loyer.
- Malraux et déficit foncier demeurent les armes des contribuables fortement imposés.
Pourquoi la fin du Pinel change-t-elle vraiment la donne ?
La disparition du Pinel ne supprime pas l’avantage fiscal : elle déplace le curseur du réflexe vers la stratégie patrimoniale.
Avant, on achetait un appartement neuf en VEFA dans une zone éligible, on signait un engagement de location de 6, 9 ou 12 ans, et la réduction d’impôt tombait mécaniquement. Simple. Presque trop simple, d’ailleurs — j’ai vu des investisseurs acheter n’importe quoi, juste pour l’avantage fiscal. Peuchère, ce n’était pas toujours la bonne affaire.
Aujourd’hui, il faut raisonner autrement. Le dispositif ne dicte plus la décision : il la complète. Et franchement, je trouve ça plus sain. Vous choisissez d’abord un bien, un emplacement, une rentabilité. Ensuite, vous cherchez l’enveloppe fiscale qui colle.
Comment choisir son dispositif de défiscalisation immobilière ?
Un dispositif n’est jamais meilleur dans l’absolu : il dépend de votre tranche marginale d’imposition, de votre apport, de votre horizon et de votre tolérance à la gestion locative.
Voici les critères que je passe systématiquement en revue avec mes clients :
- Votre tranche marginale d’imposition (TMI) : plus elle est élevée (30 %, 41 % ou 45 %), plus une réduction d’impôt a de valeur.
- Votre capacité d’apport : certains dispositifs exigent un apport plus important, notamment en VEFA.
- Votre horizon de placement : un engagement de 9, 12 ou 15 ans n’a pas la même souplesse qu’un LMNP réversible à tout moment.
- Votre tolérance à la gestion : piloter un chantier Malraux n’a rien à voir avec déléguer à un exploitant de résidence.
- La zone géographique : les dispositifs d’aide à la pierre restent concentrés sur les territoires tendus.
Ça vous parle, tout ça ? Bon, entrons dans le vif.
Le dispositif Jeanbrun, l’héritier direct du Pinel
Le dispositif Jeanbrun reprend la mécanique du Pinel : achat dans le neuf, location nue longue durée, réduction d’impôt étalée sur plusieurs années.
Porté par la loi de finances pour , il vise les zones tendues (A, A bis et B1), là où la demande locative reste forte. Le principe est identique : vous achetez un logement neuf ou en VEFA, vous le louez nu pendant 9, 12 ou 15 ans, et vous bénéficiez d’une réduction d’impôt calculée sur un pourcentage du prix de revient, plafonné selon la zone.
Quels sont les avantages et les limites du Jeanbrun ?
Le Jeanbrun séduit par sa proximité avec le Pinel, mais il reste encadré par des plafonds de loyer et de ressources des locataires.
- Avantage : mécanique fiscale familière aux anciens utilisateurs du Pinel.
- Avantage : taux de réduction croissant avec la durée d’engagement.
- Limite : plafonds de loyer et de ressources des locataires maintenus.
- Limite : concentré sur les zones tendues, donc concurrence forte à l’achat.
Le conseil d’Élise : ne vous précipitez pas sur la première VEFA venue. J’ai vu trop d’investisseurs acheter à 4 500 €/m² un bien qui en valait 3 800. La réduction d’impôt ne rattrape jamais une mauvaise acquisition.
Le dispositif Denormandie, pour l’ancien avec travaux
Le Denormandie ouvre la réduction d’impôt à l’ancien, à condition de réaliser au moins 25 % du coût total en travaux de rénovation.
Il concerne plus de 200 communes éligibles, souvent des centres-villes en revitalisation. Le principe : vous achetez un logement ancien, vous engagez un chantier représentant au minimum 25 % du coût total de l’opération, et vous louez nu sur 6, 9 ou 12 ans. La réduction d’impôt suit la même logique que le Pinel, avec des taux de 12 %, 18 % ou 21 % selon la durée.
Pourquoi je recommande souvent le Denormandie à mes clients provençaux ?
Parce qu’il permet d’investir dans l’ancien à des prix souvent inférieurs au neuf, tout en bénéficiant d’une réduction d’impôt comparable au Pinel.
Franchement, pour un investisseur qui n’a pas peur de piloter un chantier, c’est une piste très intéressante. J’ai accompagné un couple à Arles sur un immeuble ancien : 180 000 € d’achat, 65 000 € de travaux, une réduction d’impôt étalée sur 9 ans. Le rendement net ressortait à 4,8 % après impôts. Pas spectaculaire, mais solide.
Attention toutefois : le Denormandie est un dispositif qui demande de la rigueur. Vous devez garder l’œil sur les devis, les délais et la conformité des travaux.
La loi Malraux, l’arme lourde du patrimoine historique
La loi Malraux permet de déduire intégralement les travaux de restauration d’un immeuble situé en site patrimonial remarquable, dans la limite de 30 000 € par an.
C’est le dispositif le plus puissant fiscalement, mais aussi le plus exigeant. Il concerne uniquement des immeubles anciens situés dans un site patrimonial remarquable (SPR), nécessitant une restauration complète. Les travaux doivent être validés par l’Architecte des Bâtiments de France, et l’engagement de location nue est de 9 ans minimum.
Le nerf de la guerre, ici, c’est le déficit foncier généré. Il peut être imputé sur le revenu global, ce qui en fait un outil redoutable pour les hauts revenus. Mais attention : un chantier Malraux mal préparé peut virer au cauchemar. J’ai vu des dossiers bloqués pendant dix-huit mois faute d’autorisation préalable.
Le régime LMNP, la défiscalisation par l’amortissement
Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel permet d’amortir comptablement la valeur du bien et du mobilier, réduisant fortement le bénéfice imposable.
Ce n’est pas une niche fiscale au sens strict, mais c’est devenu l’alternative la plus populaire au Pinel. Le principe : vous louez un logement meublé, vous tenez une comptabilité, et vous amortissez le bien sur plusieurs décennies. Résultat : les loyers peuvent être exonérés d’impôt pendant de nombreuses années.
Quels sont les vrais avantages du LMNP ?
Le LMNP offre une liberté totale : aucun plafond de loyer, aucune zone éligible, et une revente possible sans remboursement d’avantage fiscal.
- Liberté géographique : vous investissez où vous voulez, en France.
- Liberté de loyer : aucun plafond imposé, vous fixez le prix selon le é.
- Ancien ou neuf : les deux sont éligibles.
- Revente libre : pas de remboursement de réduction d’impôt, contrairement au Pinel.
- Contrainte : comptabilité rigoureuse et gestion locative active.
Un client m’a contacté pour exactement ce cas de figure : il avait un appartement à Marseille, loué nu, et se demandait s’il devait basculer en meublé. Après simulation, son impôt sur le revenu est passé de 3 200 € à 480 € par an. Croyez-moi, ça change tout.
Le déficit foncier, l’arme discrète des investisseurs au régime réel
Le déficit foncier permet de déduire les charges et travaux d’un logement loué nu de vos revenus fonciers, et jusqu’à 10 700 € par an sur le revenu global.
Souvent oublié, ce mécanisme ne nécessite aucun agrément ni zone particulière. Il se combine parfaitement avec la location nue classique. Et depuis les dispositifs temporaires de rénovation énergétique, le plafond d’imputation sur le revenu global peut grimper jusqu’à 21 400 € sous conditions.
Pour moi, c’est le levier le plus accessible et le plus sous-estimé. Il récompense les investisseurs qui réalisent des travaux utiles — isolation, chauffage, toiture — et qui prennent soin de leur bien.
Comment comparer concrètement ces dispositifs ?
Le tableau ci-dessous récapitule les caractéristiques chiffrées des principaux dispositifs encore disponibles, pour vous aider à trancher selon votre profil.
| Dispositif | Type de bien | Durée d’engagement | Avantage fiscal principal | Profil cible |
|---|---|---|---|---|
| Jeanbrun | Neuf ou VEFA | 9, 12 ou 15 ans | Réduction d’impôt sur prix de revient plafonné | TMI 30 % et plus, zones tendues |
| Denormandie | Ancien avec travaux (≥ 25 %) | 6, 9 ou 12 ans | Réduction de 12 %, 18 % ou 21 % | Investisseur prêt à piloter un chantier |
| Malraux | Immeuble en site patrimonial remarquable | 9 ans minimum | Déduction des travaux jusqu’à 30 000 €/an | Hauts revenus, expertise technique |
| LMNP | Meublé, ancien ou neuf | Aucune | Amortissement comptable du bien et du mobilier | Investisseur actif, liberté de loyer |
| Déficit foncier | Nu, avec travaux | Aucune | Imputation jusqu’à 10 700 €/an sur le revenu global | Investisseur au régime réel |
| ZRR / ZFU | Selon territoire | 5 à 10 ans | Exonération de revenus locatifs | Investisseur opportuniste |
Quelles erreurs éviter après la fin du Pinel ?
La principale erreur consiste à investir uniquement pour l’avantage fiscal, sans regarder la rentabilité réelle du bien.
J’ai listé les pièges que je vois le plus souvent dans mon étude notariale :
- Acheter trop cher en VEFA pour profiter d’une réduction d’impôt : le surcoût annule souvent l’avantage.
- Négliger l’emplacement : un bien mal situé reste mal loué, même avec un dispositif fiscal.
- Confondre réduction d’impôt et gain net : une réduction de 12 % sur 9 ans ne compense pas un mauvais rendement.
- Oublier les charges de copropriété : elles pèsent lourdement sur la rentabilité nette.
- Se lancer sans simulation fiscale : chaque situation est différente, un conseiller est indispensable.
Vous voyez le problème ? La fiscalité doit rester un bonus, pas le moteur de la décision.
Questions fréquentes sur la défiscalisation immobilière
Le dispositif Pinel est-il vraiment terminé ?
Oui, il n’est plus possible de souscrire un nouvel engagement Pinel depuis le 1er , mais les engagements signés avant continuent de produire leurs effets jusqu’à leur terme.
Peut-on cumuler plusieurs dispositifs de défiscalisation ?
Dans certains cas, oui : le déficit foncier peut se combiner avec la loi Malraux, mais un même logement ne peut pas bénéficier de deux régimes de réduction d’impôt simultanément.
Quel dispositif remplace le mieux le Pinel ?
Pour un investisseur attaché à la location nue dans le neuf, le dispositif Jeanbrun est le remplaçant le plus direct ; pour plus de liberté, le LMNP séduit de plus en plus d’anciens utilisateurs du Pinel.
La défiscalisation immobilière est-elle encore rentable ?
Elle le reste, à condition de ne pas investir uniquement pour l’avantage fiscal : le rendement locatif, l’emplacement et la qualité du bien doivent rester les critères premiers.
Le statut de bailleur privé va-t-il remplacer le Pinel ?
Le statut de bailleur privé, encore en discussion, vise à soutenir l’investissement locatif longue durée dans le neuf, avec un amortissement du bien sur plusieurs décennies.
Quel dispositif pour quel profil ?
Choisir un dispositif, c’est d’abord choisir une stratégie patrimoniale cohérente avec votre situation fiscale et votre tolérance au risque.
- Vous voulez reproduire la logique Pinel dans le neuf : le dispositif Jeanbrun.
- Vous préférez l’ancien avec travaux : le dispositif Denormandie.
- Vous visez un bien de caractère et un fort avantage fiscal : la loi Malraux.
- Vous cherchez la liberté et la rentabilité : le régime LMNP.
- Vous louez nu et réalisez des travaux : le déficit foncier.
- Vous ciblez un territoire spécifique : les dispositifs ZRR ou ZFU.
- Vous anticipez l’avenir : le futur statut de bailleur privé.
La fin du Pinel ne signe pas la fin de la défiscalisation immobilière : elle marque un changement de logique. L’investisseur doit désormais choisir un dispositif en fonction de son profil, de son patrimoine et de sa stratégie, plutôt que par réflexe. Du Jeanbrun au LMNP, en passant par Malraux et le déficit foncier, les leviers restent nombreux. L’essentiel est de les aborder avec méthode, idéalement accompagné d’un conseiller fiscal ou patrimonial.
Le conseil d’Élise : avant de signer quoi que ce soit, faites tourner une simulation sur dix ans. Un dispositif fiscal, c’est un peu comme ranger son garage : ça semble simple au départ, mais sans méthode, on accumule plus de bazar qu’on n’en range.
Ces dispositifs sont d’autant plus pertinents si vous avez bien réfléchi aux types de biens à choisir pour votre investissement locatif.
La vente d'un bien en SCI peut également offrir des avantages fiscaux, notamment en optimisant la plus-value.
Pour ceux qui s’orientent vers la location saisonnière, il existe des stratégies spécifiques pour optimiser la fiscalité de ce type de revenu.




